L’impressionnisme à Paris : une révolution de lumière

Vous est-il jamais arrivé, en traversant un pont de Paris, ou au détour d’un parc, après une averse printanière, d’être saisi par la beauté de la lumière ? Le ciel de Paris est changeant, tantôt gris (souvent), tantôt lumineux, mais toujours si particulier qu’il a fait chanter les poètes et inspiré les peintres.

S’il est un mouvement artistique qui a essayé de saisir cette lumière, un mouvement qui incarne l’âme de Paris et la douceur de vivre à la française, c’est bien l’impressionnisme. Mais saviez-vous qu’à ses débuts, cette peinture « scandaleuse » faisait horreur aux critiques de l’époque, et que ces innocentes touches de lumière et de couleur ont secoué les salons parisiens ?

Femme à l'ombrelle tournée vers la gauche, Claude Monet, Musée d'Orsay
Claude Monet, Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche — Musée d’Orsay

Chasser la lumière sur les bords de Seine

Au milieu du XIXe siècle, une bande de jeunes peintres audacieux — Monet, Renoir, Degas ou encore Pissarro (qui s’ennuyaient ferme à l’École des Beaux-Arts) décide de quitter les ateliers sombres pour peindre « sur le motif », c’est-à-dire en plein air. Leur objectif ? Délaisser les éternelles peintures historiques, mythologiques ou religieuses, pour une ambition neuve, simple, heureuse : saisir l’instant présent, le reflet du soleil sur l’eau, l’air de Paris au-dessus d’une rue, la lumière du soir, ou le mouvement de la foule sur les grands boulevards. Au fond, saisir la vie dans sa fraîcheur.

Toile pointilliste de Paul Signac représentant un bord d'eau au coucher du soleil
Paul Signac, prolongeant la quête impressionniste avec la touche pointilliste

Le Musée d’Orsay : le temple de la couleur

Pour comprendre cette révolution, le passage au Musée d’Orsay mérite vraiment le détour. Installé sous les voûtes majestueuses d’une ancienne gare, ce musée abrite la plus belle collection impressionniste au monde. Filez vite tout au fond et montez au 5e étage. En parcourant les galeries, vous serez noyés dans la couleur et la lumière. On est frappé par la liberté des touches de pinceau : de près, tout semble flou, mais en s’éloignant, l’image vibre et prend vie.

Le saviez-vous ?

Le mot « impressionnisme » vient d’une critique moqueuse adressée au tableau Impression, soleil levant de Claude Monet. Ce qui n’était au départ qu’une raillerie est devenu le nom d’un des mouvements les plus aimés de l’histoire de l’art !

Flâner dans les pas des peintres

Aujourd’hui encore, on peut retrouver l’esprit de ces artistes en se promenant à Montmartre, devant le Moulin de la Galette, en observant la perspective des grandes avenues haussmanniennes, ou en regardant les reflets de la Seine depuis les quais.

Tableau de Gustave Caillebotte représentant les toits de Paris sous la neige
Gustave Caillebotte, Toits sous la neige — l’âme de Paris vue d’en haut

Paris n’est pas seulement le décor de leurs tableaux, c’est pour ainsi dire le personnage principal de leurs œuvres. C’est une ville qui demande d’être regardée, vue, contemplée.

Prenez le temps de vous appuyer à la rambarde d’un pont, et devenez vous-même impressionniste : cherchez la beauté, la lumière, l’harmonie dans ce que vous voyez, et perdez-vous quelques instants dans cette couleur. En repartant, vous emporterez alors avec vous un peu du ciel de Paris.

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